Le football burkinabè pourrait connaître un tournant après l’épisode particulièrement mouvementé du déplacement de la sélection nationale en Argentine. Battus 7-0 par l’Argentine à Buenos Aires, les Étalons avaient surtout fait parler d’eux avant même le coup d’envoi, en raison des difficultés logistiques ayant perturbé leur voyage.
Dans ce contexte, le président burkinabè Ibrahim Traoré estime que la crise dépasse largement le résultat enregistré sur la pelouse. Pour lui, les événements de Buenos Aires ont révélé des dysfonctionnements plus profonds dans l’organisation du football national.
« Notre football est malade, et nous allons trouver des remèdes », a déclaré le chef de l’État lors d’une audience accordée aux Étalons U15 filles, vice-championnes d’Afrique scolaire au Zimbabwe.
Une équipe U23 mobilisée dans l’urgence
L’une des principales particularités de cette rencontre contre l’Argentine réside dans la composition de l’équipe burkinabè. En raison des difficultés rencontrées pour organiser le déplacement de la sélection A, la Fédération burkinabè de football (FBF) avait dû faire appel à des joueurs U23.
Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Africaine (APA), le déplacement de l’équipe avait été perturbé par l’annulation sans préavis du vol affrété. Face à cette situation, les joueurs de l’équipe A avaient finalement renoncé au voyage et rejoint leurs clubs.
Les jeunes joueurs appelés en renfort ont alors effectué un trajet particulièrement éprouvant, passant notamment par le Maroc avant de rejoindre l’Argentine. Certains auraient passé près de 24 heures sans dormir avant de se retrouver sur la pelouse du stade Monumental, devant plus de 80 000 spectateurs.
Pour Ibrahim Traoré, ces jeunes ont néanmoins permis au Burkina Faso d’éviter une situation encore plus problématique. Une annulation de la rencontre aurait notamment pu exposer la Fédération à des sanctions internationales.
« Réinvestir dans le sport », mais aussi corriger les dysfonctionnements
Au-delà de l’épisode argentin, le président burkinabè veut désormais s'attaquer aux difficultés structurelles du football national.
Ibrahim Traoré a annoncé son intention de réinvestir dans le sport et particulièrement dans le football, tout en soulignant qu'un investissement durable ne peut être efficace sans correction préalable des problèmes qui affectent le système.
« Je vais réinvestir dans le sport », a-t-il déclaré, selon APA, avant d'annoncer des mesures destinées à améliorer la situation du football burkinabè.
Le chef de l’État a également annoncé que des décisions importantes devraient être prises au cours de cette semaine, sans toutefois en préciser la nature.
La jeunesse au cœur de la nouvelle orientation ?
L’épisode argentin a également permis de mettre en lumière le potentiel de la nouvelle génération de footballeurs burkinabè. Malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils ont été mobilisés, les U23 ont accepté de défendre les couleurs nationales et de permettre au match de se tenir.
Cette performance dans des circonstances exceptionnelles semble avoir conforté Ibrahim Traoré dans l’idée de renforcer l’investissement dans la jeunesse sportive.
L’enjeu dépasse donc désormais la seule gestion de l’équipe nationale. Formation, encadrement des jeunes talents, infrastructures, organisation des déplacements et gouvernance des instances sportives pourraient figurer parmi les chantiers auxquels les autorités burkinabè devront s’attaquer.
Un électrochoc pour le football burkinabè
Le 7-0 concédé à l’Argentine restera probablement comme l’un des épisodes les plus difficiles de l’histoire récente des Étalons. Mais au Burkina Faso, la défaite pourrait paradoxalement devenir le point de départ d’une réflexion plus large sur l’avenir du football national.
En annonçant des décisions à court terme et une volonté de renforcer les investissements, Ibrahim Traoré semble vouloir transformer cette déconvenue en électrochoc institutionnel.
Reste désormais à savoir quelles mesures seront effectivement annoncées et si elles permettront de s’attaquer durablement aux problèmes d’organisation, de formation et de gouvernance du football burkinabè.
Source : Agence de Presse Africaine (APA), article publié le 6 octobre 2026.